Bonne année 2015 aux dirigeants d’Argenteuil

J’ai peu de temps, mais voici mes meilleurs voeux pour 2015, brièvement esquissés, pour tous mes lecteurs. En tout cas, je crois que l’on est reparti pour un tour.

bon an maire31122014

Espérons que de cette valse entre Philippe Doucet et Georges Mothron, il sortira enfin quelque chose en 2015.

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Le restaurant “La cave” a fermé

Symbole de l’essai de réintroduction d’une cuisine à la française dans la ville, le restaurant “la cave”, qui offrait un accueil un peu plus huppé, avec des soirées culturelles, et de la nourriture à la française a fermé. Un panneau de l’agglomération indique que le restaurant ouvrira à nouveau dans cent jours, mais est-ce un vieux panneau oublié, ou une nouvelle ouverture ?
Maintenir quelques commerces de qualité, représentant la francité, semble devenir un challenge de plus en plus difficile, même si les mairies successives consentent des sacrifices financiers pour cela.

Comme l’écrivait quelqu’un du site “Argenteuil politique”, je ne filme que les ruines et la ville en couleurs sepia, et si elle constitue le sujet principal de mon blog, c’est peut-être comme une métaphore d’autre chose, car je porte sur elle un regard distancé, j’y ai mon adresse, mais je ne l’habite pas, comme si elle me demeurait étrangère. Il est vrai que l’on ne quitte guère le pays de son enfance et de sa jeunesse, que l’on habite ensuite vraiment pour le restant de ses jours, et qu’ensuite, on n’a plus que des adresses à l’état civil. Pour moi, elle est comme un décor demeuré dans le passé, et je me sens si loin de la ville actuelle, j’ai encore la tête dans le XXème siècle, et je suis comme absent de ce début de XXIème siècle.

Sommes-nous tous condamnés à vivre désormais dans une sorte de zemmourland intérieur, tel que le vivent les commentateurs de ce rare site portant sur la ville ? Depuis les élections nous avons perdu une année, nous avons l’impression de régresser, que le volontarisme qui du moins a animé l’ancienne équipe municipale a disparu, et que l’on s’est perdu dans des querelles de personnes, un déni des réalités, qui donne un fâcheux sentiment de régression, comme si plus aucun projet ne nous animait. Une sorte de chape d’ennui est tombée sur la ville, et de plus en plus l’idée de partir ailleurs me travaille.

Argenteuil, ville impossible à photographier ?

La photographie est un art qui se nourrit des images de la vie, celles que l’on cherche à saisir en passant, et qui resteront, car elle a ce pouvoir de permettre la conservation (relative) des images d’une époque.

Un modeste appareil permet d’exercer cet “art moyen”, qui ne nécessite pas le long apprentissage du dessin, même s’il se nourrit de connaissances acquises dans ce dernier art.

Je n’ai jamais eu de difficultés pour prendre des photos ailleurs, mais, est-ce depuis Internet, et le bourrage de crâne afférent au “droit à l’image”, aux “droits d’auteur”, et autres hadopisme, il semble que le libre exercice de cette activité artistique devienne bien difficile dans une ville comme Argenteuil.

Y sortir un appareil photo semble devenu aussi redouté que d’y sortir une arme. La banlieue est-elle à ce point différente du reste de la France, où l’on semble pouvoir encore se promener librement. J’ai encore en tête la fierté que l’on éprouve à être photographié, le photographe est vu comme un ami des bons moments, celui qui distinguera le moment que l’on vit.

Ici, je suis très surpris des réactions : il semble que les gens redoutent d’avoir à un policier, un indic, un pédophile, ou un journaliste, où l’on ne sait quel personnage fantasmatique sans doute issu de séries américaines que je ne connais pas.

Voyons un peu le florilège de ces réactions.

Je revisionnais mes photos sur l’écran dans un bistrot, quelqu’un est venu me voir pour me dire : ne me photographiez pas, la police me recherche.

Dans les parcs de la ville, on est interpellé par les gardiens, pour qui l’appareil est un objet de suspicion, “il est interdit de photographier”, “il faut demander la permission”.

Dans un parc végétal, un gamin est venu m’insulter, pour gâcher de la pellicule dans un endroit où “il n’y a rien à voir”.

Sur une place, des gamins qui fumaient ont envoyé le guetteur me demander ce que je pouvais bien photographie.

J’espère que la  mairie n’a pas donné de consignes pour interdire la photo, et faire payer des droits pour renflouer ses caisses. Un lieu comme Argenteuil a besoin d’artistes, même très modestes, pour le représenter, et doit continuer d’être représenté,  mis en scène, cela ne peut s’arrêter aux impressionnistes, dont les lieux mythiques ont disparu sous le béton. L’histoire doit continuer, et il est incompréhensible que cette ville ne soit pas photograph friendly, qu’elle ne valorise pas le travail d’image, qui aujourd’hui ne se diffuse plus par livres mais sur Internet, donnant une visibilité à ses lieux.

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