Argenteuil 2019, la foire des cinglés du cinéma

Comme chaque année, Argenteuil organise la foire des cinglés du cinéma,, un évènement où l’on peut acquérir d’anciennes caméras de collection, des films, des affiches, des livres

 

 

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Aveuglement

Je lis ce que tweetent les élus locaux d’Argenteuil, notamment sur la crise des gilets jaunes, et je suis effaré par leur aveuglement devant cette crise sociale.

Ce ne sont que propos rapportés, moralisateurs, pour dénoncer le mouvement, sans aucune analyse crédible de la société française en arrière-plan.

Après coup, je me dis que c’est une position rationnelle, car les gilets jaunes représentent plutôt la France profonde, que les banlieues dont ils sont les élus

Les gilets  jaunes sont des gens qui ont peu obtenus de l’Etat, qui sont chargés de dettes pour l’achat de leur résidence principale, ont fui les villes, travaillent en voiture  et voient les services publics être retirés de leur lieux retirés pour des raisons d’optimisation. Les électeurs des banlieues sont dans la situation inverse, dans le centre-ville d’Argenteuil, une très forte proportion de la population est logée en hlm, donc grâce à la collectivité, on ouvre de nombreuses classes, et la population  bénéficie de plus d’aides publiques que les gilets jaunes. Le “bondy blog” ne s’y est pas trompé, qui a condamné le mouvement social en comprenant très vite qu’il était antinomique de l’intérêt des banlieues. Ce qui explique aussi que les élus de la ville ne dispose pas des outils leur permettant de comprendre le mouvement

Suspiria à Argenteuil

Il y a bien longtemps, je faisais partie de cette tribu des cinéphiles parisiens, qui nous retrouvions de cinémathèque en cinémathèque, où nous pouvions assister à des intégrales Bertolucci ou Antonioni. Il y a avait des pigistes de revues de cinéma, des cinéastes ratés, et quelques amis qui semblaient presque des extra-terrestres aux autres pour cette activité nocturne et solitaire. Du moins, ils étaient vus ainsi, parce qu’après la séance, il y avait le pot au café où l’on discutait des mérites de Bergmann, ou de Mancziecvicz. C’était presque une dolce vita parisienne, bien loin de la vie un peu morne et presque lugubre de la banlieue.

Toutefois, à Argenteuil, nous avons le figuier blanc pour diffuser des films d’auteur, introuvables autrement. Je me retrouve parfois seul, parfois à deux ou trois dans la salle. C’est quand même une sensation étrange que d’être seul dans une immense salle, quand, dans mon souvenir parisien, il y a une salle comble d’afficionados.

Je suis allé voir “Suspiria”, en souvenir du “film éponyme” de Dario Argento, étrange, mais dont les lumières et les couleurs rappellent certaines photographies d’Antonioni, dans un genre si différent. Le film était plus complexe que prévu, avec une grande recherche esthétique, et des chorégraphies impressionnantes, plus revues depuis le Carmen de Carlos Saura.

Parfois je me dis que si ce ne sont pas des gens égarés, les deux autres sont peut-être intéressants, et que je devrais leur proposer un café, des gens si peu nombreux à apprécier la même chose ont peut-être quelque chose en commun.

Censure artistique

J’ai trouvé cet article sur wordpress, d’une peintre qui a été censurée par la mairie d’Argenteuil,

” à propos de ces œuvres, « On évite totalement les écritures avec le Coran….et les nus à caractère plus sexuel ou plus violent. Pour les autres ça devrait aller« . Le « devrait » est assez piquant en fait car il induit qu’il faut se mettre à la place du public et anticiper ses réactions. Donc ça devrait aller mais peut-être que ça sera la merde totale.”

“m’a donc proposé une alternative pour exposer les œuvres qui posent problème… *roulement de tambour* « Si vous le souhaitez il n’est pas impossible de « privatiser » dans la rotonde un espace réservé, derrière un rideau par exemple qu’il vous faudrait apporter et installer ( nous n’en avons pas…)« . Si l’attention est louable, le résultat est assez stupide. Mon exposition va ressembler à un vieux sexshop proche de Pigalle, avec un gros logo – 18 sur un rideau glauque.”

Les lettres d’un homme mort

Pour les journées du patrimoine, Argenteuil a invité la troupe de théâtre Quesapelorio, pour une évocation de la vie d’un soldat de la première guerre mondiale, autour de ses lettres.

Les lettres, un siècle après, nous parlent encore. Le Forestier en avait fait une chanson aussi, ici interprétée par un artiste du web.