Mai des artistes à Argenteuil, duo de mandolines

 

Argenteuil renoue avec la fête, on voit ainsi réapparaitre des évènements culturels, après des années d’abstinence. Le Carnaval est prévu pour le 2 juin, le feu d’artifice pour le 14 juillet, et la fête des artistes de mai permet aux habitants de visiter des ateliers d’artiste. Le jardin d’Héloïse, un lieu historique presque sous-valorisé a vu ainsi une série de concerts mettant en valeur la mandoline, un instrument pas si connu et entendu. Ce duo a joué des oeuvres d’Emanuele Barbella, Hans Gal et Marc Kowalczyk.

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Statistiques scolaires

L’affichage des taux de mention au bac dévoile ce que le taux de réussite, proche de 100% aujourd’hui, ne montrait plus, et tout au contraire jetait une sorte de manteau d’illusion sur la réalité. L’écart entre établissements est énorme, ainsi les meilleurs établissements du département, privés ou publiques dans des quartiers aisés, affichent un taux de mention de 90%, tandis qu’Argenteuil est en queue de peloton, avec quelque 15% de mentions. Le meilleur établissement, situé sur notre territoire fait illusion, justement parce qu’il accueille des enfants d’une commune voisine plus aisée. D’une certaine manière, on peut passer le même bac national, mais d’un établissement à l’autre, on ne joue pas dans la même division.

Argenteuil, il neige sur l’école de musique

Nous sommes en mars, et des giboulées froides tombent sur la ville, sur l’école de musique, et sur la statue de l’esclavage de William Castano. Cela évoque James Joyce : “Son âme s’évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s’épandre faiblement sur tous l’univers comme à la venue de la dernière heure sur tous les vivants et les morts.”

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Le projet Héloïse

Je lis des tracts dénonçant le projet Héloïse, demandant que l’on maintienne la salle Jean Vilar, alors que cette salle est déjà largement obsolète, et que le statu quo n’est plus possible.

Je comprends le projet, il est le seul moyen “d’investir” pour une mairie qui n’a plus les finances suffisantes pour financer elle-même les vastes projets nécessaires pour la ville. Ainsi, des mouvements éclatent parce que l’on ne peut plus créer les classes nécessaires à l’éducation des enfants issus du dynamisme démographique, on imagine ainsi mal comment l’on pourrait se lancer dans d’autres projets sur les fonds propres d’une ville où le nombre de ceux qui paient des impôts est trop faible, parce que les recettes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses d’une ville de 100 000 habitants.

Un financement privé et extérieur est ainsi le seul refuge, on peut le déplorer, mais il faut tenir compte des réalités, et tenter d’avancer, croire en hiver à son printemps.

Discours de fin des classes

C’est un entrefilet dans le journal municipal, un résumé du discours de Fatima Amarir , adjointe à l’éducation, aux élèves lauréats du bac.
Elle les incite à lutter contre les préjugés et réticences qui les attendent. Un tel discours prononcé dans les années 70 dans un lycée aurait paru surréaliste.
On pourrait le voir comme un discours de combat, mais il a quelque chose de résigné, de défaitiste, et plein de préjugés en fait.

Brevet des collèges, le pataquès d’Argenteuil

Quelle mauvaise surprise pour les collégiens d’Argenteuil dont le nom ne figurait pas sur les listes internet diffusées ce matin. Qu’est-il arrivé, même les meilleurs avaient été victimes d’une sorte de Brésil-Allemagne scolaire ? un burn out à l’examen, un effondrement incompréhensible ? une catastrophe non annoncée ?

Ce matin tandis que toute la France lisait ses résultats sur le net, les élèves du collège d’Argenteuil avaient tous échoués.

Il leur a fallu se rendre à leur collège pour découvrir les véritables résultats, et leur réussite. Ouf ! tout n’est pas foutu.

Il semble que l’Education nationale avait oublié d’intégrer ces résultats dans ces listes. Aurait-elle aussi facilement oublié les collèges des quartiers aisés ? on aurait eu des articles de journaux pour dénoncer cette impéritie, des reportages de la télé, la ministre serait venu s’excuser sur TF1, on aurait convoqué les psychologues.

Pas une excuse rien, comment a-ton pu oublier des établissements et déclarer la liste complète, sans repointer les noms ?

Pire, aucune des listes sur les sites Internet n’ont été rectifiées, malgré le droit de chacune à obtenir la correction d’informations erronées le concernant, susceptibles de nuire, puisque les noms
qui n’apparaissent pas sont censés avoir échoué. Un stigmate qui suivra ces argenteuillais toute leur vie, lorsque quelqu’un voudra vérifier leur CV.

Une ville très religieuse

Aller en province me donne souvent l’impression de revenir dans le passé, et de retrouver une France de mon enfance. Lorsque j’étais enfant, j’expliquais à mes parents que l’on ne pouvait croire ce que disait la religion, parce que ce n’était tout simplement pas croyable. Nous n’étions qu’à une trentaine d’années de l’an 2000, que l’on voyait comme un futur de science-fiction, et il fallait s’y préparer, et changer son esprit.

Aujourd’hui, lorsque je regarde l’Ile-de-France, et que je prends un peu de recul, je suis effaré. Dans ma ville, on peut avoir une adjointe voilée. Le maire explique que c’est parfaitement légal, on pourrait donc avoir un conseil municipal entièrement vêtu de costumes ecclésiastiques, qui déambulerait dans les rues habillé en curé, en moine, en bonne sœur ? Je n’ai jamais vécu dans un lieu où la religion soit aussi importante, où elle imprègne toutes les questions de politique locale. Nous avions une mosquée cathédrale, nous allons en construire une deuxième, les catholiques réagissent en décidant d’une ostentation de la tunique du Christ avec près de vingt ans d’avance. La ville s’enfonce dans l’ennui, perd de son dynamisme, et ces questions religieuses paraissent occuper tout l’espace.

Le voile s’est répandu en l’espace d’une quinzaine d’années, moyen pour une communauté de remettre la main sur ses femmes, dont la réussite scolaire très supérieure à celle de ses garçons, risquait de leur donner le goût de l’indépendance. Plus il y a de voiles dans une ville, et plus il faut le porter, plus la pression sociale augmente. Les filles doivent céder, parce que c’est une stratégie matrimoniale, elle doivent afficher leur vertu, sinon elles seront concurrencées par les filles du bled, que l’on ira chercher pour les remplacer. Dans “Soumission”, Houellebecq cite Argenteuil, et il est probable que notre bonne ville lui a donné des idées pour ce dernier roman.

Il s’agit peut-être d’une particularité liée à l’Ile-de-France, où personne n’est autochtone. Les catholiques eux-mêmes sont plus traditionalistes qu’en province, et ce sont des catholiques convaincus, catéchistes, qui m’ont fait part de leur étonnement. En région parisienne, comme à Versailles, le catholicisme est une sorte de signe de reconnaissance, d’entre-soi, presque une mentalité obsidionale de chrétiens d’orient.

Le petit garçon que j’ai été, s’étonnerait aujourd’hui de cette sorte de décrépitude là où il attendait un monde plus moderne.