Argenteuil, centenaire du 11 novembre 1918

C’était sous la pluie, j’ai hésité à venir. Autrefois, les commémorations m’ennuyaient, je les voyais à travers les yeux de Cabu, ce caricaturiste pacifiste qui est mort à la guerre. Aujourd’hui, à travers ces images un peu tremblotantes en raison des bousculades, et parfois embrumées par la pluie, elles ont quelque chose d’une fête de famille ancienne, ils sont tous là, les représentants traditionnels de la république, et même le curé, les élus de la mairie, les opposants, comme pour une réunion ultime d’une France ancienne. Quand j’étais enfant, nous allions parfois rendre visite à tel grand oncle, ancien combattant de 14/18, et il me semblait si vieux, et maintenant, c’est moi qui suis presque vieux. Il y a quelque chose de nostalgique, dans cette manifestation, un mélange de la France nouvelle des enfants, et d’une France du temps de mes parents et grands-parents.

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Des piscines pour Argenteuil

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C’est une idée de l’élu municipal Frédéric Lefebvre-Naré, que d’utiliser les terrains libres pour une seconde piscine, qui serait bien utile notamment pour ses raisons pédagogiques. A-t-on une idée du nombre d’enfants qui ne savent pas nager à Argenteuil ? Il ne suffit pas de construire, encore faut-il que l’endroit demeure vivable, et notamment dans une zone d’habitat dense qui ne souffre pas de l’étalement urbain. Les parcs, les infrastructures, les services publics ne sont pas un luxe, dans une ville qui souffre de certaines insuffisances. Les piscines, un vieux débat dans notre ville, j’ai ressorti cette vieille illustration.

Mai des artistes à Argenteuil, duo de mandolines

 

Argenteuil renoue avec la fête, on voit ainsi réapparaitre des évènements culturels, après des années d’abstinence. Le Carnaval est prévu pour le 2 juin, le feu d’artifice pour le 14 juillet, et la fête des artistes de mai permet aux habitants de visiter des ateliers d’artiste. Le jardin d’Héloïse, un lieu historique presque sous-valorisé a vu ainsi une série de concerts mettant en valeur la mandoline, un instrument pas si connu et entendu. Ce duo a joué des oeuvres d’Emanuele Barbella, Hans Gal et Marc Kowalczyk.

Statistiques scolaires

L’affichage des taux de mention au bac dévoile ce que le taux de réussite, proche de 100% aujourd’hui, ne montrait plus, et tout au contraire jetait une sorte de manteau d’illusion sur la réalité. L’écart entre établissements est énorme, ainsi les meilleurs établissements du département, privés ou publiques dans des quartiers aisés, affichent un taux de mention de 90%, tandis qu’Argenteuil est en queue de peloton, avec quelque 15% de mentions. Le meilleur établissement, situé sur notre territoire fait illusion, justement parce qu’il accueille des enfants d’une commune voisine plus aisée. D’une certaine manière, on peut passer le même bac national, mais d’un établissement à l’autre, on ne joue pas dans la même division.

Argenteuil, il neige sur l’école de musique

Nous sommes en mars, et des giboulées froides tombent sur la ville, sur l’école de musique, et sur la statue de l’esclavage de William Castano. Cela évoque James Joyce : “Son âme s’évanouissait peu à peu comme il entendait la neige s’épandre faiblement sur tous l’univers comme à la venue de la dernière heure sur tous les vivants et les morts.”

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Le projet Héloïse

Je lis des tracts dénonçant le projet Héloïse, demandant que l’on maintienne la salle Jean Vilar, alors que cette salle est déjà largement obsolète, et que le statu quo n’est plus possible.

Je comprends le projet, il est le seul moyen “d’investir” pour une mairie qui n’a plus les finances suffisantes pour financer elle-même les vastes projets nécessaires pour la ville. Ainsi, des mouvements éclatent parce que l’on ne peut plus créer les classes nécessaires à l’éducation des enfants issus du dynamisme démographique, on imagine ainsi mal comment l’on pourrait se lancer dans d’autres projets sur les fonds propres d’une ville où le nombre de ceux qui paient des impôts est trop faible, parce que les recettes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses d’une ville de 100 000 habitants.

Un financement privé et extérieur est ainsi le seul refuge, on peut le déplorer, mais il faut tenir compte des réalités, et tenter d’avancer, croire en hiver à son printemps.