Le premier objectif pour Argenteuil, inventer la convivialité plutôt que le vivre-ensemble

Engagés pour Argenteuil veut former une liste assez large, qui irait du centre-droit à l’extrême-gauche, mais doit encore décrire sa plateforme programmatique. On peut imaginer que son premier objectif sera demettre fin au programme Jean Vilar, mais que faire ensuite, car c’était l’un des rares projets structurants, et conserver telle quelle la salle de spectacle actuelles n’est pas un projet. Et si le vrai problème d’Argenteuil était son manque de convivialité, sa difficulté à mettre du liant dans ses communautés ?

On a parlé de vivre-ensemble, ce qui est une manière euphemisée d’évoquer une vie séparée, prudentielle où ces communautés s’évitent, soucieuses de ne pas provoquer d’incident de frontière, de malentendu, tellement chacun sait ici marcher sur des braises, et des conflits de civilisation possibles.

Par exemple, pour un vieux français comme moi, je n’ai connu aucun lieu et aucune époque où le statut de la femme soit si bas, pas même dans la France rurale d’il y a 40 ans. Et pourtant, lors d’un débat public, un jeune homme est venu se plaindre que les femmes ne vivaient pas dans la pudeur, qu’il n’y avait pas assez de voiles, pas assez de pudeur en occident, et ce jeune homme en avait les larmes aux yeux, il pleurait presque en racontant cela, est-ce que j’aurais dû éprouver davantage d’empathie et pleurer avec lui  sur toute cette impudeur féminine qui avait jeté son voile sombre de succube sur le monde occidental ? Jusqu’où doit-on aller dans l’ouverture aux autres, jusqu’où peut-on tout tolérer ? Pouvait-on sécher les larmes du jeune homme, ou devait on les laisser couler ?

Je ne me résigne pas à ces cafés remplis d’hommes, comme si nous vivions dans une ville unisexe, et tous les gens de la même rive que mou partagent ce malaise, celui d’être devenu un étranger sur son propre terrutoire.

Peut-on assouplir les frontières des communautés, aller vers un vivre-ensemble, mais parce qu’il aurait un contenu partagé, qu’il correspondrait à un véritable progrès societal des nouveaux arrivants et non à une tolérance revendiquée pour un état social dans lequel nous ne pouvons pas vivre, correspondant à une régression jamais connue dans notre histoire, une utopie masculiniste installée dans le monde réel, sous prétexte d’un droit au spirituel rêve qui s’affranchirait de la société.

Ces revendications, ces dérives decolonialistes narrées dans un jargon ébouriffant, font penser aux inventions comiques de sociétés imaginaires et métaphoriques dans les contes philosophiques de Voltaire et de Jonathan Swift.

S’il est quelqu’un à qui il faudra un jour donner un nom de rue à Argenteuil, je crois que c’est Philippe Doucet. Je ne suis pas son militant, son partisan, mais on doit reconnaître qu’il a su lancer des investissements judicieux et bien pensés qui ont tiré la ville vers le haut, et surtout qu’il a su en public tenir un discours de laïcité et ne pas faire de concession aux obscurantismes, au contraire du discours attristant d’une femme politique actuelle, dont je tairai le nom, qui tout en se targuant de défendre l’égalité femmes/hommes, s’est lancée dans la défense d’un signe ostensatoire d’infériorité pour les femmes. Je suis un peu tranchant, car je crois qu’elle a compris sa bévue et son mauvais calcul électoraliste, et par son silence actuel, semble en avoir pris la mesure et réalisé l’étendue des dégâts. Quel programme pour Argenteuil, certainement celui d’un meilleur respect de la laïcité, de meilleurs signaux donnés en matière d’égalité femmes/hommes, car la banlieue ne peut demeurer cette sorte de jurassic parc de la condition féminine, qui est même en train d’inspirer les masculinistes, et de leur donner l’espoir d’une contre-revolution. Il faut redonner de la mixité sociale, réinjecter des classes moyennes, car ce n’est décidément pas une chance pour les populations venues d’ailleurs de ne se retrouver qu’entre elles, et de reconstituer en plus étroit ce qu’elles ont fui.

 

 

 

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Jean Vilar, ce qui va disparaître

Il est parfois important de photographier ce qui va disparaître, pour en garder une trace. Un complexe commercial, cinématographique et de logement devrait être construit sur l’emplacement de la salle Jean Vilar actuelle, mais ce projet est contesté. Est-ce que cette construction, qui est assurée par le privé en “partenariat” sera une réussite, et une source de dynamisme pour la ville, ou est-ce qu’elle se terminera comme autolib,où les pertes de l’entreprise Bolloré ont été transférées au public ? J’ai une préférence pour un projet réussi, qui tirerait la ville vers le haut, mais ce n’est qu’un pari, et vais-je un jour rejoindre les pessimistes ?.

Voici en tout cas l’endroit, avec ses arbres anciens, et les salles municipales qui, à l’avenir n’appartiendront plus à la ville, mais seront louées à une entreprise un certain nombre de jours par an.

Aveuglement

Je lis ce que tweetent les élus locaux d’Argenteuil, notamment sur la crise des gilets jaunes, et je suis effaré par leur aveuglement devant cette crise sociale.

Ce ne sont que propos rapportés, moralisateurs, pour dénoncer le mouvement, sans aucune analyse crédible de la société française en arrière-plan.

Après coup, je me dis que c’est une position rationnelle, car les gilets jaunes représentent plutôt la France profonde, que les banlieues dont ils sont les élus

Les gilets  jaunes sont des gens qui ont peu obtenus de l’Etat, qui sont chargés de dettes pour l’achat de leur résidence principale, ont fui les villes, travaillent en voiture  et voient les services publics être retirés de leur lieux retirés pour des raisons d’optimisation. Les électeurs des banlieues sont dans la situation inverse, dans le centre-ville d’Argenteuil, une très forte proportion de la population est logée en hlm, donc grâce à la collectivité, on ouvre de nombreuses classes, et la population  bénéficie de plus d’aides publiques que les gilets jaunes. Le “bondy blog” ne s’y est pas trompé, qui a condamné le mouvement social en comprenant très vite qu’il était antinomique de l’intérêt des banlieues. Ce qui explique aussi que les élus de la ville ne dispose pas des outils leur permettant de comprendre le mouvement

Ce qui reste d’autolib

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Un Hubert Robert moderne pourrait-il peindre certaines ruines modernes, envahies par des herbes symboliques, en suggérant ce qu’elles furent
Ce fut presque un service public, sauf que les bénéfices devaient aller au public mais dont on réalise que les pertes vont retourner au public. Son promoteur a été tres discret sur son action antérieure en Afrique, où il avait acquis de grands ports, dans unr visée stratégique, mais s’était tourné vers l’Etat africain lorsqu’il s’était agi de les desenvaser. Était-ce le schéma type dune manière d’opérer ?
Il y a de quoi être inquiet à l’heure où les villes lancent des partenariats public-privé dont on se demande ce qu’il adviendra en cas de difficulté. Dans un premier temps, le privé “apporte” des fonds qu’il emprunte, ce que la collectivité pourrait aussi faire, mais qui paie en cas de faillite ?
Au debut des annees 80, on dénonçait ce type de dispositif, fort de l’expérience des 20 annees précédentes avec le gaullisme immobilier. Comment expliquer ce retour en grâce de l’économie mixte, sinon par une perte de mémoire.