L’allemand mis en valeur à Argenteuil

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Nous sommes Charlie : le 19 mai

Gardons l’esprit Charlie : la manif contre la réforme NVB, c’est le 19 mai, et j’espère que, cette fois là, ma ville enverra un peu plus qu’un habitant sur 1 000 à la manif.

Allons nous passer de Goethe à Jamel Debbouze ?

La réforme scolaire semble avoir pour objectif de casser ce qui fonctionne, et de supprimer des enseignements qui constituaient une ouverture culturelle. Ainsi, on va voir disparaitre les sections européennes, et les classes bilangues, pour y substituer Djaml Debbouze, comme modèle pour notre enseignement.

Cette “réforme” va toucher durement notre ville, où ces classes bilangues permettaient de conserver encore certains élèves, qui auraient, sinon, fui vers le privé catholique. Si l’ambition de notre ministre est de faire passer notre bonne ville de l’enseignement de Goethe, à celui de Djamel Debbouze, clown sympathique au demeurant, n’est-ce pas une image inquiétante de la banlieue pauvre qui sous-tend cette réforme, à chacun ses moyens et son savoir ?

Comment vont vivre cette réforme des enseignants qui ont consenti autant d’efforts, pour développer des échanges avec l’Allemagne, pour diffuser la culture allemande auprès de leurs élèves, de leurs parents ?

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Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

Bourdieu avait dénoncé les biais dans la réussite scolaire, et cette mascarade de l’attribution au don, de ce qui relevait du social. Cette situation a encore empiré depuis le temps de l’écriture des héritiers, puisque si, le bac est plus répandu, les enfants suivent des scolarités de plus en plus séparées, les uns dans le public, les autres dans le privé, un enseignement supérieur de plus en plus coûteux pour les parents, avec la multiplication d’écoles de commerce au prix prohibitif, comme si la réponse de l’école s’ajustait aux moyens disponibles, et comme si au tri déjà culturel se voyait ajouté encore un niveau financier.

Pour une fois que l’on avait un exemple de recherche “d’élitisme républicain”, d’accès à la culture démocratisé, ce qui nous restera alors que notre système économique nous décevra davantage de jour en jour, avons-nous vraiment besoin que l’on enseigne les paillettes des medias, qui déjà, ne font plus que renvoyer à elles-mêmes. Il faut aussi se rendre que, plus on est pauvre, et plus la culture se résume à TF1, fallait-il encore augmenter l’exposition de notre temps de cerveau disponible à la propagande de notre temps ?

djamel05052015