Cérémonies plurielles du 8 mai 1945 à Argenteuil

 

Belles cérémonies du 8 mai 1945 à Argenteuil, avec la présence du maire, du conseil départemental, du sous-préfet. Les enfants ont chanté la Marseillaise, et ont reçu les félicitations du représentant de l’Etat. Le parti communiste a aussi souhaité rendre un hommage à part sur les tombes de Marie Peri, et Victor Dupouy, Mon appareil avait pris la pluie, et parfois l’objectif est plongé dans le brouillard, on ne perçoit ainsi que la voix du sous-préfet.

C’est une cérémonie qui a lieu partout en France, au même moment, et pourtant il s’en dégage quelque chose, tant d’années après la guerre, plus que dans mon enfance, où,paradoxalement, cette période nous semblait plus lointaine. Il y a d’une part le devoir de mémoire, peut-être l’hypermnésie, et un réalisme sur le climat du monde.

 

 

 

Fracture administrative

Sommes-nous égaux pour les démarches administratives selon notre adresse ? Ce sont les notations du quotidien qui nous informent sur ce point, bien plus que les articles des journaux. Ainsi, dans notre ville, obtenir un passeport prend trois mois, le premier rendez-vous demandant 2 mois, tandis que d’autres communes plus favorisées accomplissent ces formalités en quelques jours. Est-ce que cela tient à une forte demande, à des moyens administratifs plus réduits ? Je ne suis pas capable de l’analyser, mais cela relève dune fracture territoriale.

Jean Vilar, ce qui va disparaître

Il est parfois important de photographier ce qui va disparaître, pour en garder une trace. Un complexe commercial, cinématographique et de logement devrait être construit sur l’emplacement de la salle Jean Vilar actuelle, mais ce projet est contesté. Est-ce que cette construction, qui est assurée par le privé en “partenariat” sera une réussite, et une source de dynamisme pour la ville, ou est-ce qu’elle se terminera comme autolib,où les pertes de l’entreprise Bolloré ont été transférées au public ? J’ai une préférence pour un projet réussi, qui tirerait la ville vers le haut, mais ce n’est qu’un pari, et vais-je un jour rejoindre les pessimistes ?.

Voici en tout cas l’endroit, avec ses arbres anciens, et les salles municipales qui, à l’avenir n’appartiendront plus à la ville, mais seront louées à une entreprise un certain nombre de jours par an.

Le salon du livre 2019

 

C’est le 7ème salon du livre qui se tient à Argenteuil, dont on ne voit ici que le discours du maire Georges Mothron, et de la présidente de l’association “Sous les couvertures”, Agnès Reinmann.

Le thème général était celui de la Méditerranée, allusion aussi à l’émigration accueillie par la ville, depuis des décennies, et provenant de l’autre rive. ll flotte aussi une sorte de nostalgie du temps où la ville était dirigée par le parti communiste, et dont beaucoup d’anciens membres sont bien présents dans les activités culturelles.

C’est un succès, les gens se sont pressés pour acheter des livres, même si les visiteurs ne sont pas représentatifs de tous les quartiers, et tous les milieux de la ville.

 

ville lovecraftienne

Il serait temps de trouver un peu de dynamisme. Je rencontre des habitants désespérés, qui constatent que le centre-ville s’étiole, que l’immobilier s’effondre : on voit affichés des prix fantaisistes entre 2 000 et 3000 euros le m², tandis que la réalité du marché est à peine à 1 000 euros, et en attendant longtemps. Les agences immobilières expliquent que les biens sont invendables. Je ne suis pas agent immobilier, mais c’est est un sacré “indicateur” issu du monde réel qui montre où l’on en est réellement. Cette descente aux enfers rappelle le pire des anciennes cités industrielles, et pourtant nous sommes à proximité de Paris et même de la défense si l’on obtenait la prolongation de la ligne de tramway qui semble aller de soi, et dont on ne sait ce qui en bloque le développement. Il n’y a aucune retombée à figurer dans le “grand pari”, je vois les classes moyennes s’enfuir littéralement, et ne rester que les prisonniers de leurs contraintes immobilières ou familiales. Une étrange couleur tombée du ciel semble s’être posée sur la ville, et l’engloutir peu à peu.

Argenteuil, centenaire du 11 novembre 1918

C’était sous la pluie, j’ai hésité à venir. Autrefois, les commémorations m’ennuyaient, je les voyais à travers les yeux de Cabu, ce caricaturiste pacifiste qui est mort à la guerre. Aujourd’hui, à travers ces images un peu tremblotantes en raison des bousculades, et parfois embrumées par la pluie, elles ont quelque chose d’une fête de famille ancienne, ils sont tous là, les représentants traditionnels de la république, et même le curé, les élus de la mairie, les opposants, comme pour une réunion ultime d’une France ancienne. Quand j’étais enfant, nous allions parfois rendre visite à tel grand oncle, ancien combattant de 14/18, et il me semblait si vieux, et maintenant, c’est moi qui suis presque vieux. Il y a quelque chose de nostalgique, dans cette manifestation, un mélange de la France nouvelle des enfants, et d’une France du temps de mes parents et grands-parents.