Le projet Héloïse

Je lis des tracts dénonçant le projet Héloïse, demandant que l’on maintienne la salle Jean Vilar, alors que cette salle est déjà largement obsolète, et que le statu quo n’est plus possible.

Je comprends le projet, il est le seul moyen “d’investir” pour une mairie qui n’a plus les finances suffisantes pour financer elle-même les vastes projets nécessaires pour la ville. Ainsi, des mouvements éclatent parce que l’on ne peut plus créer les classes nécessaires à l’éducation des enfants issus du dynamisme démographique, on imagine ainsi mal comment l’on pourrait se lancer dans d’autres projets sur les fonds propres d’une ville où le nombre de ceux qui paient des impôts est trop faible, parce que les recettes sont insuffisantes pour couvrir les dépenses d’une ville de 100 000 habitants.

Un financement privé et extérieur est ainsi le seul refuge, on peut le déplorer, mais il faut tenir compte des réalités, et tenter d’avancer, croire en hiver à son printemps.

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La foire des cinglés du cinéma salle Jean Vilar

Chaque année, depuis trente ans, Argenteuil organise une foire au matériel, aux affiches, de cinéma. Cette année, Jean-Pierre Mocky (un cinéaste français) était présent en salle Jean Vilar.

Cette foire a été filmée en video 4k, ou plutôt ultra HD. Il faut donc disposer d’un bon écran pour bénéficier de toute la finesse de l’image.

Pour les défenseurs de la salle Jean Vilar, il s’agit presque d’images nostalgiques, car cette salle voit ses dernières manifestations, avant la mise en place d’un grand chantier qui verra la construction d’un bâtiment comprenant neuf salles de cinéma, des restaurants, des magasins, ce qui n’est pas sans susciter quelques oppositions dans la ville.

Forum des protestations

Je ne sais que penser du projet de la mairie, de ce grand centre commercial et de loisirs en bord de Seine, un cube de béton qui va dominer le quartier. La plupart des gens sont dubitatifs, on ne va pas régler le problème du commerce dans la ville en rajoutant des grandes surfaces, même s’il faut essayer de capter le plus possible de chalands.

A chaque projet, j’entends des réflexions mitigées, personne ne croit plus qu’un “certain commerce de qualité” puisse s’implanter dans notre ville, et semble se résigner à une québabisation. Les gens en ont tellement pris leur parti, qu’ils vont faire leurs courses ailleurs, estimant ne plus trouver de produits de qualité sur place, et ils sortent aussi ailleurs, s’ils sortent.

Le discours qui revient le plus souvent c’est celui de la perte de l’identité perdue, les gens expliquent qu’ils ne se reconnaissent plus dans cette ville, qu’ils n’y trouvent pas de lieux familiers, comme si tout était frappé d’étrangeté. C’est le cas lorsque la population d’une ville change, et aussi lorsqu’on vieillit, parce que l’on ne se reconnait plus dans les choses, et que les vérités sont devenues des faussetés.

Il y a eu des travaux de goût voici quelques années, avec l’ouverture du jardin d’Héloïse, du parc des berges, et du jardin des deux abbés. J’ai cru que nous étions sur la voie du progrès, que nous allions en sortir, mais rien ne s’est passé depuis trois ans, et voici un projet, il vaut ce qu’il vaut : futur succès, ou éléphant blanc ? je ne suis pas un fana des centres commerciaux, j’ai l’impression d’y étouffer. Aurons-nous un public pour 9 salles de cinéma, tandis qu’il m’arrive de me retrouver seul dans la salle du cinéma actuel ?

Ces bords de Seine qui vont changer

 

La photographie peut être un prétexte pour marcher un peu, faire de l’exercice, regarder, et prendre des images en essayant de varier le format, le cadrage, la couleur et les paramètres du diaphragme. Les bords de Seine sont un peu tristes en cette saison, quoique la couleur les rehausse. C’est un endroit qui va profondément changer, car un projet de multiplexe et de centre commercial va remplacer la salle Jean Vilar.