11,6% des voix et les macronistes sont en finale

La candidate macroniste arrivée en tête avec 29% des suffrages exprimés, n’a recueilli, compte tenu des 60% d’abstention que 29% x 40% = 11,6% des voix des inscrits. Imagine-t-on qu’elle peut être élue au second tour avec 20% des voix au plus ?

Le candidat de la mairie a lui recueilli 14% x 40% = 5,6% des voix des inscrits.

Le candidat socialiste est à 19%x40%=7,6%.

Nous sommes une ville qui ne vote pas, et nos résultats sont ainsi chaotiques : aucun maire sortant n’a été réélu depuis 1989, et souvent avec 20% des voix.

Cette faible participation n’a t-elle pas quelque chose d’accablant, même si la participation aux présidentielles est bonne, comme si c’était la seule qui présentait un enjeu pour les gens, et que le reste fasse l’objet d’un grand désintérêt.

Les commentateurs s’interrogeaient sur les chances de Macron, dont ils estimaient son électorat à 20%, compte tenu de ses thèmes économiques, et ils avaient raison, puisqu’il va disposer d’une assemblée élue sur sa vraie base électorale de 20%. Lors d’autres élections, il y avait un mouvement actif de vote en faveur d’un parti, c’est la première fois qu’un candidat est élu à la suite d’une démission, d’un retrait du peuple, d’un vote par absence.

 

 

 

 

Au café

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Je sors de chez moi pour prendre l’air, dans l’un des rares cafés ouverts aujourd’hui. Un peu de lecture, d’Internet et de café noir sans sucre. Une sorte de micro succédané de Paris, ou d’autres grandes villes, ou une part de la vie se tenait dans les cafés justement, mais c’était peut-être avant internet, comme si tout moyen de communication nous privait aussi de quelque chose.

Un vieil homme du XXème siècle

La préparation des législatives bat son plein à Argenteuil, jamais l’on n’a vu autant de fanions, même le front national ose tracter devant la gare. La gauche présente trois candidats, un communiste, un insoumis, et un socialiste.

J’ai été pris d’une sorte de malaise en constatant que seules les militantes du parti socialiste n’allaient pas tête-nue comme dans les autres partis, mais étaient voilées. Certes, le voile n’est pas interdit, mais il y a des symboles qui comptent, et que le principal parti progressiste ait choisi ce symbole-là n’est pas neutre. Je suis un vieil homme né au XXème siècle, qui sachant à peine lire se plaignait déjà de l’obscurantisme des religions, d’un esprit qui hantait encore la France de ce milieu du XXème siècle, alors que la science était en train de dépoussiérer tout cela, et que l’on croyait d’ailleurs davantage en la science qu’en notre temps actuel. Avec raison, certaines matières se font passer pour des sciences, qui semblent plutôt relever de l’astrologie, comme l’économie, qui voile de mathématiques ce qui est valeurs et vision du monde et de la société.

Pourquoi ce malaise, ne vivons-nous pas dans un monde où les valeurs, même incompatibles, sont respectées ? c’est l’impression que l’on manipule des sentiments identitaires, qui n’ont rien d’universel, qui sont même aux antipodes de la culture française classique, telle que je l’ai connue durant des décennies, faite de cartésianisme, de progressisme. Comment le candidat va-t-il expliquer dans une même phrase “en même temps”, qu’il soutient les entrepreneurs identitaires, la soumission de la femme, et l’égalité femmes-hommes ? on ne peut tenir une ligne politique sans courage, sans imposer un minimum, même à ses modestes militants, et que tout n’est pas possible.

On va me dire que l’on doit être tolérant à tout, car il s’agit de privilégier le vivre-ensemble, que des paroles qui auraient paru anodines dans mon enfance, ne peuvent plus être dites, que les temps ont changé, mais a-t-on encore le droit de critiquer la religion, que vient faire la religion dans la vitrine d’un parti progressiste ?

Cinéma d’auteur

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Aujourd’hui, il n’y a pas grand monde dans les rues, et le seul café ouvert dans mon quartier est presque vide, mais peut- être est ce lié au début du ramadan.
Il y a un cinéma d’art et d’essai où j’ai pu voir ce (très lent) film japonais. C’est un film sur l’humanité, la poésie. L’explosion des centrales nucléaires nécessite d’évacuer tous les habitants, mais les priorités s’établissent selon le statut, et le personnage principal, une sud-africaine blanche malade qui a du fuir l’après-apartheid avec sa famille, va se retrouver seule avec son androïde qui lui récite le bateau ivre en français. La sens de la poésie va se transmettre de l’humaine à son robot abimé, celle-ci apprenant à travers sa maîtresse.
C’est un privilège qu’un cinéma puisse projeter encore de tels films.
En entrant, je croise le caissier, le projectionniste, et nous sommes rarement plus de trois dans cette salle, parfois je m’y retrouve seul.
Ce cinéma municipal ne répond à aucun modèle économique, on est bien loin de tf1.
Comme l’héroïne du film japonais, j’ai l’impression de faire partie moi-aussi d’un monde qui disparaît.