Le pape François à Argenteuil ce printemps 2016 ?

C’est un évèneement, l’église va exposer la tunique du Christ ce printemps à venir. Elle n’aurait dû le faire qu’en 2034, c’est peut-être une arme anticrise pour la ville, comme le souligne un de ses historiens dans un recueil sur l’abbaye d’Héloïse.

Verra-t-on le pape dans la ville, c’est mon intuition, et j’ai eu parfois des visions étranges, impossibles à partager et qui se sont réalisées en partie.

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Argenteuil, une abbaye dans la ville

Il ne coute que 7 euros, et est magnifiquement illustré, le livre de Jean-Paul Mirbelle et Alexis Grélois, réussit ce petit miracle de nous raconter de manière à la fois très érudite, et très concise, l’histoire de l’abbaye d’Argenteuil, tout en la reliant à la grande histoire. Jean-Paul Mirbelle dédicacera ce livre dimanche 20 septembre lors de la journée du patrimoine.

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Elue voilée

Après l’affaire de l’élue à la culture qui a du démissionner, après avoir fait suivre un montage pas très judicieux sur facebook, censé illustrer les dérives de l’allocation de rentrée scolaire, la mairie tente une opération de communication pour se rattraper en insérant un reportage sur une élue qui se présente voilée, et est chargée de l’enfance. Je ne sais pas si en termes de communication, on peut ainsi corriger un excès par l’excès inverse. La liste dite “les républicains”, qui a gagné les élections d’une centaine de voix, et comprend qu’elle marche sur des oeufs, a-t-elle choisi judicieusement son opération de communication ? Certes, le symbole religieux ne peut être porté par un agent public, dont un maire, mais semble, en l’absence de jurisprudence précise, pouvoir être arboré par un élu. Je ne sais si c’est une bonne manière pour ce parti dit des “républicains” d’incarner ainsi la laïcité. Le voile n’est pas un signe anodin. Il se répand sous la pression sociale depuis une dizaine d’années, incarnation d’un “backlash”, d’un refus et d’une peur de la situation des femmes en occident, perçue comme une menace, et c’est aussi un moyen de reprendre la main sur les jeunes femmes maghrébines, dont la meilleure réussite scolaire les éloignait de leur milieu d’origine, et notamment des garçons. Cette reprise en main est incarnée par le voile, véritable reprise en main, et contre-projet sociétal. Ce n’est pas un hasard si Houellebecq, dans “Soumission”, cite deux fois Argenteuil en passant. Il a probablement été inspiré par quelques épisodes survenus dans la ville. Une femme me disait, en lisant ce dernier livre : “mais l’islam, finalement, ne changerait rien à la vie des hommes, ils pourraient même se sentir mieux, comme le montre ce livre, les femmes, par contre, perdraient tout”.

Il n’est pas de signe anodin, dans une ville où la situation ne permet aucun véritable grand projet.

Fête des associations

Je n’ai ramené aucune photo de ce salon, qui se tenait ce samedi. Pourtant, je suis impressionné par le nombre de stands, aux objectifs si divers. C’est encourageant, il reste quelque chose d’un esprit autre, collectif, désintéressé. On se rend compte à la visite de ces stands sous la pluie, combien cette présence associative est importante.

On peut y rencontrer entre autres, des anciens déportés, des associations africaines, soucieuses de solidarité, d’encadrer les jeunes, de faire du soutien scolaire, en France, ou dans le pays d’origine, des propositions d’activité culturelle, artistiques, du sport, des démonstrations, des propositions d’écologistes pour réduire la consommation d’énergie, et de fluides.

Les associations d’africains, je suis toujours frappé par leur sens de la solidarité, du collectif, comme le reflet d’un monde perdu pour les occidentaux, beaucoup plus solitaires, plus isolés, ou reliés par une histoire plus ancienne dans le pays, qui ne nécessite plus de réaffirmation au quotidien peut-être. Elles sont sur le front de l’encadrement des jeunes, toujours sous la menace d’adultes de mauvaise influence, de leur soutien scolaire, pour une meilleure réussite dans les études, une clé de l’intégration et de l’emploi, et du partage, entre ici et là-bas. Elle distribue des livres, des soutiens.

J’aurais peut-être du proposer aux participants de les filmer, afin que leur message puisse être diffusé, et connu, je ne l’ai pas osé, mais cela aurait pu être ma contribution à leur communication. C’est un outil comme un autre, il y a le “flyer” (le prospectus), mais aussi les sites internet, ou les videos disponibles.

L’honneur perdu de Martine Rousseau

Cette affaire d’une élue d’Argenteuil, chargée de la culture et de la vie scolaire, et sanctionnée suite à un post douteux sur Facebook, dont une partie de la presse a largement parlé, me laisse une impression étrange.

J’ai regardé son profil et ses messages sur facebook, et ils m’ont semblé même d’une grande banalité, c’est un peu le facebook de mes correspondants, avec des images de son activité d’élue, des peintures de Monet sur Argenteuil, un clip de Jean Ferrat, quelques proverbes de philo à deux balles. Facebook, c’est un peu cela aussi, on a tendance à rediffuser des images faites pour l’être, produites par des sites spécialisés dans les videos comiques, les images à faire circuler, de sorte que tout le monde semble avoir les mêmes sur son site. Facebook, c’est un festival de resucées, un instrument puissant qui ne permet pas, finalement, l’expression de l’originalité, et de la créativité de chacun.

Facebook c’est un peu la transparence du conforme, je vois des ados transmettre à perte de vue les mêmes conneries représentations, sans s’interroger sur leur sens.Pour les adultes, facebook, c’est un peu rentrer dans un monde d’ado, d’âge intermédiaire, où l’on chercherait sa sociabilité et une place dans une sorte de société en ligne.

A côté de cela, nous avons un monde internet, qui fonctionne comme une caisse de résonance, reprenant sans limite des points de détail, des anecdotes, des paroles malheureuses, et les amplifiant jusqu’à la caricature. Quelqu’un va s’indigner de quelque chose, puis quelqu’un d’autre s’indignera de son indignation, et ainsi à l’infini. Par ailleurs, le journalisme à partir d’internet ne demande pas d’investissement, le réseau est disponible de chez soi, et un journaliste peut être ainsi une version particulière du blogueur. Ainsi, un post, disons-le pas très fufute d’une élue, mais peut-être pas plus choquant que certains dessins de hara-kiri, de Reiser, ou de Charlie hebdo, a pu devenir un évènement national, repris par une foultitude de médias en boucle. Ce que l’on peut reprocher à ce post c’est d’être sans problématique : lqa question de l’utilisation de la prime de rentrée scolaire a déjà été posée, il s’avère que l’achat d’écrans plats avec cette prime est marginal, et que l’attribution de bons d’achat couterait quand même 11 millions d’euros à mettre en place. On peut lui reprocher de traiter un sujet social, sans y avoir réfléchi, “à la manière facebook”, ce que ne devrait pas faire une élue responsable de ce secteur. Pour l’intéressée, il n’y a en fait pas de défense possible, car le sujet en question permet une disqualification immédiate sans débat, et sans rémission. Compte tenu du poids politique pris par l’affaire, et surtout son amplification, le maire n’avait d’autre choix que de la suspendre (provisoirement ?) pour ne se voir lui aussi disqualifié, comme dans l’expérience du malodor, un souvenir douloureux pour lui de communication mal maitrisée.