Disputes sur les ardoises entre le maire et l’ex-maire

mothron07052015

On trouve très peu de dessins humoristiques sur les élus locaux, les miens ont l’immense chance de m’avoir moi dans leur ville.

C’est une illustration humoristique de l’ambiance dans la ville, entre l’actuel et l’ex-maire.

Le maire actuel se plaint de la situation financière de la ville, et a recruté un cost killer, qui a rapidement fait le constat suivant : le feu d’artifice, c’est de l’argent qui part en fumée, et les piscines de la ville sont pleines d’eau chaude, qui coûte très cher : d’où deux décisions évidentes, supprimer le 14 juillet, et vider les piscines.

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Allons nous passer de Goethe à Jamel Debbouze ?

La réforme scolaire semble avoir pour objectif de casser ce qui fonctionne, et de supprimer des enseignements qui constituaient une ouverture culturelle. Ainsi, on va voir disparaitre les sections européennes, et les classes bilangues, pour y substituer Djaml Debbouze, comme modèle pour notre enseignement.

Cette “réforme” va toucher durement notre ville, où ces classes bilangues permettaient de conserver encore certains élèves, qui auraient, sinon, fui vers le privé catholique. Si l’ambition de notre ministre est de faire passer notre bonne ville de l’enseignement de Goethe, à celui de Djamel Debbouze, clown sympathique au demeurant, n’est-ce pas une image inquiétante de la banlieue pauvre qui sous-tend cette réforme, à chacun ses moyens et son savoir ?

Comment vont vivre cette réforme des enseignants qui ont consenti autant d’efforts, pour développer des échanges avec l’Allemagne, pour diffuser la culture allemande auprès de leurs élèves, de leurs parents ?

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Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

Bourdieu avait dénoncé les biais dans la réussite scolaire, et cette mascarade de l’attribution au don, de ce qui relevait du social. Cette situation a encore empiré depuis le temps de l’écriture des héritiers, puisque si, le bac est plus répandu, les enfants suivent des scolarités de plus en plus séparées, les uns dans le public, les autres dans le privé, un enseignement supérieur de plus en plus coûteux pour les parents, avec la multiplication d’écoles de commerce au prix prohibitif, comme si la réponse de l’école s’ajustait aux moyens disponibles, et comme si au tri déjà culturel se voyait ajouté encore un niveau financier.

Pour une fois que l’on avait un exemple de recherche “d’élitisme républicain”, d’accès à la culture démocratisé, ce qui nous restera alors que notre système économique nous décevra davantage de jour en jour, avons-nous vraiment besoin que l’on enseigne les paillettes des medias, qui déjà, ne font plus que renvoyer à elles-mêmes. Il faut aussi se rendre que, plus on est pauvre, et plus la culture se résume à TF1, fallait-il encore augmenter l’exposition de notre temps de cerveau disponible à la propagande de notre temps ?

djamel05052015

Comme on s’ennuie à Argenteuil

François Hollande a dit d’Argenteuil, que c’était l’une des communes les plus pauvres d’Ile-de-France. On le constate de jour en jour, qui apporte son lot de fêtes supprimées. Il ne va bientôt rester que le “vivre ensemble”, ce terme techno, comme ‘espace aquatique standardisé”. J’ai espéré en arrivant ici que la ville se développerait, que l’on irait vers autre chose, mais je constate avec effroi que même des villes de province à la réputation épouvantable, comme Saint-Etienne, demandez aux lyonnais, n’ont rien à voir avec la vie ici. On y a embelli le centre-ville, dans lequel on a envie de se promener, où l’on trouve des commerces variés, où l’on peut sortir.

Pour moi, ce qui fait la ville, c’est la possibilité de se promener dans son centre, de pouvoir s’arrêter dans un café agréable, de déambuler, en regardant ses paysages urbains. Je me rends compte que de modestes villes de province ont ces qualités, et que notre ville n’a pu les développer. Ces villes de province ont une mémoire collective, un esprit de chapelle peut-être, alors qu’ici nous sommes d’origine plus disparate, et l’on chercherait vainement une culture commune. Ce qui revient constamment dans les discussions, c’est la difficulté de vivre ensemble, l’effort qu’il faut faire pour s’abstraire de l’ambiance générale si l’on veut réussir, comme si le collectif était l’ennemi de la réussite.

Argenteuil est peut-être une ville pour vivre en pavillon, mais la vie pavillonnaire n’est pas une vie en ville, et c’en est l’antithèse. Il semble que nous allons vers une sorte de grand vide collectif, dont personne ne semble saisir l’intensité, et depuis l’élection de l’an dernier, je me demande de jour en jour s’il ne faudrait pas quitter la ville pendant qu’il est encore temps. C’est un deuil quotidien de la vie urbaine que l’on vit, une sorte de vivre désensemble.

argent holland 01052015