Expo d’origami à Argenteuil

Magnifique exposition sur l’art de l’origami de Gérard Ty Sovann, à la mairie jusqu’au 17 janvier 2014.

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Le marché de Noël à Argenteuil

 

Chaque année, le marché de Noël d’Argenteuil, réunissant des commerces choisis, se tient autour de la basilique Saint-Denys, ouverte au public pour l’occasion.

Argenteuil, ville impossible à photographier ?

La photographie est un art qui se nourrit des images de la vie, celles que l’on cherche à saisir en passant, et qui resteront, car elle a ce pouvoir de permettre la conservation (relative) des images d’une époque.

Un modeste appareil permet d’exercer cet “art moyen”, qui ne nécessite pas le long apprentissage du dessin, même s’il se nourrit de connaissances acquises dans ce dernier art.

Je n’ai jamais eu de difficultés pour prendre des photos ailleurs, mais, est-ce depuis Internet, et le bourrage de crâne afférent au “droit à l’image”, aux “droits d’auteur”, et autres hadopisme, il semble que le libre exercice de cette activité artistique devienne bien difficile dans une ville comme Argenteuil.

Y sortir un appareil photo semble devenu aussi redouté que d’y sortir une arme. La banlieue est-elle à ce point différente du reste de la France, où l’on semble pouvoir encore se promener librement. J’ai encore en tête la fierté que l’on éprouve à être photographié, le photographe est vu comme un ami des bons moments, celui qui distinguera le moment que l’on vit.

Ici, je suis très surpris des réactions : il semble que les gens redoutent d’avoir à un policier, un indic, un pédophile, ou un journaliste, où l’on ne sait quel personnage fantasmatique sans doute issu de séries américaines que je ne connais pas.

Voyons un peu le florilège de ces réactions.

Je revisionnais mes photos sur l’écran dans un bistrot, quelqu’un est venu me voir pour me dire : ne me photographiez pas, la police me recherche.

Dans les parcs de la ville, on est interpellé par les gardiens, pour qui l’appareil est un objet de suspicion, “il est interdit de photographier”, “il faut demander la permission”.

Dans un parc végétal, un gamin est venu m’insulter, pour gâcher de la pellicule dans un endroit où “il n’y a rien à voir”.

Sur une place, des gamins qui fumaient ont envoyé le guetteur me demander ce que je pouvais bien photographie.

J’espère que la  mairie n’a pas donné de consignes pour interdire la photo, et faire payer des droits pour renflouer ses caisses. Un lieu comme Argenteuil a besoin d’artistes, même très modestes, pour le représenter, et doit continuer d’être représenté,  mis en scène, cela ne peut s’arrêter aux impressionnistes, dont les lieux mythiques ont disparu sous le béton. L’histoire doit continuer, et il est incompréhensible que cette ville ne soit pas photograph friendly, qu’elle ne valorise pas le travail d’image, qui aujourd’hui ne se diffuse plus par livres mais sur Internet, donnant une visibilité à ses lieux.

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Faut-il reconstruire le moyen-âge à Argenteuil ?

Maxime le Forestier chantait autrefois le désir de retourner au moyen-âge. Qu’en serait-il de ce rêve aujourd’hui, dans une ville comme Argenteuil ?

Le moyen-âge est-il un avenir possible, souhaitable, désirable pour notre bonne ville ?

Issu du XXème siècle, et des années de progrès, où l’on croyait que l’on allait vers un monde bien meilleur, plus libre, j’aurais réfuté cette idée d’un revers de main, mais aujourd’hui, et constatant que des moeurs et des idées anciennes et impensables tiennent le haut du pavé, je me demande si ce n’est pas, finalement, un avenir comme un autre.

Nous avons déjà commencé en remettant en état ce qui nous restait de cette époque, et le jardin de l’abbaye en ruines a été ouvert au public, un jardin moyenâgeux a été reconstitué, en souvenir du temps d’Abélard et Héloïse. Faut-il aller plus loin ?

Le moyen-âge est le meilleur avenir qui puisse s’offrir à Argenteuil, son patrimoine est prestigieux, spirituel, il pourrait procurer, à quelques kilomètres de Paris, des possibilités infinies de retraite et de ressourcement.Quitter le temps d’un week-end le monde des portables et de l’hyperconnexion, pour venir se perdre un peu ici.

Est-ce irréaliste ? non, car nous avons encore les plans et le détail des murailles anciennes de la ville, et avec nos moyens modernes, et quelques subventions européennes, nous devrions pouvoir lancer de grands chantiers, qui auraient l’avantage d’apporter de nombreux emplois. L’abbaye aussi pourrait être entièrement reconstruite sur ses ruines, et sans doute dans le détail. On imagine ce que pourrait donner une telle représentation des lettres d’Héloïse et d’Abélard, sur les lieux mêmes de leurs amours.

On va me dire, que ce serait une sorte de disneylandisation, de “guerre du faux”, façon Umberto Eco, mais si l’on regarde notre patrimoine, on se rend compte qu’une bonne part des bâtiments anciens ne le sont pas tant que cela, restaurés, embellis par Viollet-le-Duc, ripolinés comme à Bruges, notre moyen-âge ne serait pas plus factice que celui des autres. On pourrait inviter Dan Brown, car notre passé recèle la matière de plusieurs de ses livres à venir, très certainement, et son moyen-âge n’est pas pire que le passé retravaillé par certains.

Notre patrimoine peut être entièrement reconstitué, comme on envisage de faire ressurgir des espèces disparues, à partir d’un brin d’adm. Cette idée aurait été inconcevable au XXème siècle, tourné vers l’avenir et la destruction, mais aujourd’hui, le passé profond a de l’avenir.

Comme pour Maxime le Forestier, la nostalgie nous envahit déjà, devant une époque qui nous déshumanise. Nous vivons dans un monde où rien ne doit s’arrêter jamais, sans pause et sans dimanche, le moyen-âge, avec ses fêtes, peut nous sembler un enviable avenir. Au fait, qu’est devenue la fête médiévale, qui se tenait à chaque printemps jusqu’en 2008 ? Il est temps de la ressusciter. Je me souviens que l’ancien maire, avait interpellé le curé local, en lui demandant pourquoi l’on ne sortait pas plus souvent la tunique du Christ, ce qui aurait suscité de l’animation, et peut-être le passage de nombreux pèlerins par la ville. Un pèlerinage vieux de douze siècles peut devenir furieusement tendance, comme la route de Compostelle. Je vois déjà des milliers de voyageurs quittant Paris à pied dans une quête éperdue d’authenticité, pour se rendre à Argenteuil en suivant la Seine. “la grande boucle de la tunique”, “le chemin d’Abélard” : tout est prêt, il ne reste qu’à trouver le bon titre. On imagine déjà des dame du temps jadis, venant en grand voile, en coiffe, en guimpe et gorget, se mêler aux femmes voilées du cru, dans un grand brassage des temps.

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Argenteuil et la Seine

La photo oblige à bouger, même en automne, quand le froid et l’humidité transpercent les vêtements. Le temps est presque incolore, et le ciel et l’eau se ressemblent avec ce gris un peu plombé. Ce sont quelques essais de videos vite rassemblés, mais ils donnent une ambiance, celle d’un dimanche d’automne, et le calme séculaire de la Seine, avec ses bateaux lents, ses paysages qui semblent immuables, même si l’urbanisme les envahit.

Argenteuil au bord de la Seine en Automne

Peut-on photographie le banal, ce que personne ne photographie ici ? Je ne vois jamais de photographes dans les rues, et ils sont suspects pour la population, comme si seule la police ou ses indics prenaient des photos. L’automne est la saison des brumes, du gris, de la pluie, du froid qui vous empêche de manier les petits boutons des compacts et autres appareils miniatures. Le ciel, la Seine, les murs ont les mêmes couleurs, et c’est la photo monochrome qui le rend le plus, parce qu’elle élimine l’anecdote de la couleur, pour la remplacer par le dessin et la structure de l’image.

Sur le chemin j’ai voulu aussi ramener des images de la rue Barbusse, des images banales de banlieue, que peu de gens filment, ou photographient, mais dont l’intérêt réside dans le vide des rues, les courbes élégantes des nouveaux immeubles, qui se marient avec les arrondis de la route au tracé sans doute très ancien, un des lieux que Monet a peint voici plus d’un siècle. Je n’ai pas su en trouver l’angle, comment voir ce qu’il y a d’unique dans un coin de ces vastes banlieues que personne ne visite, sauf des passants pressés par des choses utiles.