Argenteuil et la Seine

La photo oblige à bouger, même en automne, quand le froid et l’humidité transpercent les vêtements. Le temps est presque incolore, et le ciel et l’eau se ressemblent avec ce gris un peu plombé. Ce sont quelques essais de videos vite rassemblés, mais ils donnent une ambiance, celle d’un dimanche d’automne, et le calme séculaire de la Seine, avec ses bateaux lents, ses paysages qui semblent immuables, même si l’urbanisme les envahit.

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Argenteuil au bord de la Seine en Automne

Peut-on photographie le banal, ce que personne ne photographie ici ? Je ne vois jamais de photographes dans les rues, et ils sont suspects pour la population, comme si seule la police ou ses indics prenaient des photos. L’automne est la saison des brumes, du gris, de la pluie, du froid qui vous empêche de manier les petits boutons des compacts et autres appareils miniatures. Le ciel, la Seine, les murs ont les mêmes couleurs, et c’est la photo monochrome qui le rend le plus, parce qu’elle élimine l’anecdote de la couleur, pour la remplacer par le dessin et la structure de l’image.

Sur le chemin j’ai voulu aussi ramener des images de la rue Barbusse, des images banales de banlieue, que peu de gens filment, ou photographient, mais dont l’intérêt réside dans le vide des rues, les courbes élégantes des nouveaux immeubles, qui se marient avec les arrondis de la route au tracé sans doute très ancien, un des lieux que Monet a peint voici plus d’un siècle. Je n’ai pas su en trouver l’angle, comment voir ce qu’il y a d’unique dans un coin de ces vastes banlieues que personne ne visite, sauf des passants pressés par des choses utiles.