Les “métis” du lycée Julie Daubié

Il n’y a pas de miracle, il est très probable que l’algorithme applique un “coefficient réducteur” aux notes des banlieues pauvres, ce qui contient sans doute une part d’objectivité, car on ne note pas avec la même sévérité ici qu’en deçà du périphérique. Un algorithme concocté à Paris ne pouvait ouvrir le système, et bousculer une hiérarchie présente dans tous les esprits. Par contre, comment réaliser la comparaison de notes obtenues dans des lycées dont le niveau est inégal, et que révèle les pondérations secrètes appliquées à ces mêmes lycées, qui les a établies, comment ?

Cela doit être d’autant plus frustrant que les élèves de Julie Daubié, lycée situé à Argenteuil, ne viennent pas d’Argenteuil, mais d’une ville limitrophe comportant plus de classes moyennes, dont le niveau social n’est pas celui d’Argenteuil. Ils se voient ainsi confondus par l’algorithme avec les élèves d’une ville de banlieue pauvre, dont ils ne proviennent pas. Ils manifestent, au contraire des autres lycéens d’Argenteuil, manifestement résignés à leur sort.

Julie Daubié est un lycée dans une situation paradoxale, en réunion d’école, tous les parents recherchent l’option rare qui va leur permettre de contourner la carte scolaire, et d’accéder à ce lycée, et parcoursup vient de ruiner tous les espoirs de “distinction”. Leur situation sociale “métisse” est ramenée à leur plus mauvaise composante, l’adresse, indépendamment de ces efforts d’élévation sociale par rapport à l’environnement.

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